Chez moi

Il est une locution française qui dit « mieux vaut un petit chez soi qu’un grand chez les autres. » Alors, après un long voyage à explorer l’infini territoire de l’adaptation à ce que l’autre attend de moi, c’est décidé, je reviens chez moi.

Chez moi, finalement, je ne sais pas vraiment où cela se situe concrètement. Je n’en connais pas objectivement la limite. Je n’ai pas non plus le vocabulaire qui convient pour en formuler la description précise.

Chez moi, c’est à la fois partout et nulle part. C’est exactement là, dans ce reflet d’espace encore un peu flou où je navigue présentement. Tout en étant potentiellement ailleurs, confortablement niché dans un imaginaire collectif fertile et sans cesse renouvelé.

Chez moi, c’est ce tout petit supplément d’âme qui se forme nébuleusement en s’amusant des monts et merveilles de sa création.

Chez moi, c’est peut-être aussi juste en face de chez toi. Quand oserai-je ouvrir complètement la porte pour en avoir le cœur net au point de m’engager jusqu’à parvenir à te rencontrer ?

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Libération

Ce jour-là, nous vagabondions tranquillement dans l’espace inter-sidéral. En pleine contemplation, nous suivions d’un regard à peine étonné, un vol de méduses assermentées.

Nous sommes sidérés. Totalement médusés. Figés par l’instant. Espace temps suspendu. Maintenant. Précisément. Devant nos yeux. Le phénix renaît de ses cendres.

Les particules de vie se recomposent, s’assemblent.

L’énergie se concentre et s’expanse.

Les polarités s’équilibrent.

La forme apparaît.

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Pas à pas si loin que ça

D'un pas à l'autre
Il n'y a que quelques pas
Pas de quoi trembler d'effroi
A faire le premier pas
Sans faux pas ni trop d'émoi
S'élancer à petits pas
Ne pas chercher à savoir pourquoi
Simplement penser à marquer le pas
D'un pas de côté autant de fois
Que la peur de franchir le pas
N'est pas tarie au fond de soi
Agrandir alors à chaque pas
Le pas de vis comme il se doit
Attendre en faisant les cent pas
Pas un de plus cela va de soi
Continuer ensuite à grand pas
Jusqu'au pas de la porte en bois
S'ouvrir et se tirer d'un mauvais pas
Au pas de course allégé du choix
Hésitant à revenir sur ses pas
En salle des pas perdus d’autrefois
Si proche à seulement deux pas
Du pas de Calais d’Artois

Rencontrer enfin l'autre et lui emboîter le pas
D'un pas de géant courtois
Aspirant soudainement à presser le pas
Du pas de velours conduisant à soi
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Hommage de France

A toi
Brave soldat
Emporté par ta foi
Dans tous les combats
Souviens-toi que face à toi
Ton frère se tient droit
Dans tous les combats
Emporté par sa foi

Foi de loi
Foi de roi
Foi de foi
Foi de voix
Foi d'emploi
Foi d’exploit
Foi de cinéma
Quoique soit ton combat
Effroi
Trépas
A toi
Brave soldat
Emporté par ta foi
Quand sonneras-tu le glas
De ton allégeance au combat
Pour reconnaître face à toi
Ton frère de désarroi
Libre dans sa foi
Par ton choix
Choix de loi
Choix de roi
Choix de foi
Choix de voix
Choix d'emploi
Choix d’exploit
Choix de cinéma
Quoique soit ta foi
Soldat
Souviens-toi

Parlons-en !

… Vous voudriez que je fasse comme tous ceux qui n’ont rien à dire, et qui le gardent pour eux ? Et bien non, mesdames et messieurs, moi quand je n’ai rien à dire, je veux qu’on le sache ! Je veux en faire profiter les autres, et si vous-mêmes mesdames et messieurs vous n’avez rien à dire et bien, on en parle ! …

Raymond Devos

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Souvent, je garde pour moi ce que je pourrais avoir à dire. Peut-être parce que je rencontre peu de personnes qui me le demandent, préoccupées qu’elles sont à me parler de ce qu’elles voudraient que je sache. Régulièrement, c’est aussi l’inverse. J’oublie de demander à mon interlocuteur ce qu’il pourrait avoir à me dire, préoccupée que je suis à lui parler de ce que je voudrais qu’il sache.

Alors, parler ou bien se taire ?
Parler pour ne rien dire ou bien mettre en commun son expérience ?
Parler sans mot dire ou bien parler sans maudire ?
Parler pour combler le silence ou bien se taire pour se rencontrer ?
Se parler pour taire ce qui est à dire ?
Se parler pour dire ce qui est à taire ?
Se taire pour laisser dire tout et son contraire ?

Oui, mais …

Comment parler ?
Comment se taire ?
Comment se comprendre ?

Oser parler, et savoir dire. C’est ainsi que j’ai commencé à cultiver l’art de la parole. J’ai ensuite utilisé différents moyens, dont le chant ou l’expression plastique pour toucher aussi ce qui se dit au-delà des mots.

J’ai éprouvé le poids du silence jusqu’à comprendre que ma parole avait autant d’importance que celle de tout autre, fût-il simple passant qui passe ou bien président de la république. Et inversement, j’ai osé les mots du silence jusqu’à accueillir la parole de mes interlocuteurs avec autant d’importance que la mienne.

Car derrière chaque rôle dans une organisation donnée, quelles qu’en soient les hiérarchies sociales dictées par le contexte d’une époque, il y a un humain dont l’expérience est unique. Dont lui seul peut témoigner. Avec ses mots, et ses silences. Qu’en dira-t-il ? Probablement que cela dépend aussi de l’art de la rencontre.