Aimer

D’abord, je suis restée longtemps avec cette phrase, à la lire, la relire, la lire à haute voix, la répéter à haute voix. Encore. Encore une fois. Jusqu’à l’évidence de la raison suivante :

J’ai alors commencé à me poser des questions. Me serait-il aussi évident d’en dire autant de cette voisine, de cet homme, de cette femme, de cet enfant, de ce frère, de cette sœur, de ce parent, de ce partenaire, de ce collègue, de cet ami, de ce client, de ce ministre, etc, ? Bref, me serait-il aussi évident d’en dire autant de tous les êtres qui gravitent dans ma vie ? Essayons en pensant à un être en particulier :

Et là, si je suis honnête avec moi-même, je reconnais que ce moustique met immédiatement mon amour à l’épreuve. Je veux bien l’aimer, mais pas tel qu’il est, pas s’il est décidé à m’approcher. Bon, c’est un moustique. Peut-être que j’ai mis la barre de test un peu trop haute. Essayons de nouveau en pensant à quelqu’un d’autre, quelqu’un de plus humain, quelqu’un qui me ressemble davantage :

Et me voici aussitôt face à l’épreuve de mon honnêteté intérieure. Est-ce vraiment l’aimer telle qu’elle est que d’attendre d’elle une certaine courtoisie dans nos conversations de voisinage ? Quelle interprétation naît en moi dès lors que je ne reçois pas les paroles espérées aux salutations que je lui adresse quand je la croise ? Un comportement de cette voisine qui m’apparaîtrait inadmissible pourrait-il conditionner l’amour que je suis capable de lui porter en tant qu’être humain ?

Je laisse le soin à tous les êtres qui liront ces questions d’y répondre honnêtement pour eux-mêmes par rapport à leur voisine, ou par rapport à toute autre personne de leur choix gravitant dans leur vie, qu’il s’agisse de leur enfant jusqu’au président d’une république.

Personnellement, j’ai simplement relu ce que pouvait signifier « aimer » dans cette publication des COlorieZ.

Ouf ! « Aimer » peut contenir beaucoup de nuances ! Je suis alors restée en tête à tête avec mon honnêteté intérieure par rapport à toutes les personnes que, jusqu’à maintenant, je n’ai pas su aimer telles qu’elles étaient. Au point que les questions suivantes me sont apparues :

Cette fois-ci, mon honnêteté intérieure est allée chercher sa réponse dans son grand véhicule corporel. Chez moi, « aimer » ne se décrète pas. Il correspond à un mouvement d’attirance et d’ouverture que je ressens se déployer à partir du plexus solaire, plus ou moins intensément, et qui peut aller jusqu’à envelopper tout mon être. Et je fais une différence entre « aimer » et « respecter », qui lui se manifeste par une sensation de calme m’informant qu’aucun danger imminent n’est détecté à l’intérieur d’un espace qui me contient, et dont je peux déterminer les limites en fonction du contexte de la relation. En l’état, voici donc ma conclusion du moment :

Pour l’atteindre, ou au moins m’en approcher, je considère déjà que ce but m’appartient en propre, mais qu’il n’est pas nécessairement commun à tous les êtres. Reconnaître la liberté et la diversité d’être est un choix qui m’appartient aussi, car je pose ces valeurs comme fondamentales au développement de la vie. En conséquence, il m’appartient donc encore d’utiliser mes compétences innées et acquises pour « délimiter et respecter un espace commun de saines relations » avec chaque être gravitant dans ma vie. Un espace dont la dimension dépendra aussi de ce que nous avons à faire ensemble.

Précisions sur la définition donnée à composer : créer, former, réaliser un tout en combinant ou en assemblant divers éléments constitutifs préexistants.

Il me semble aujourd’hui que c’est uniquement dans cet espace ouvert de saines relations que peut advenir « aimer » dans sa nature intégrale, c’est à dire dans une énergie ressource pouvant apporter à cet espace une joie douce, encourageante et profonde, bénéficiant à tous les êtres qui y sont en relation, inspirant leurs comportements, modelant aussi soigneusement et en permanence leurs limites initiales.

A ce stade, il me serait possible d’emmener la réflexion encore plus loin sur le sujet de l’écologie relationnelle. Cependant, je pense aussi qu’aucune théorie ne remplacera jamais l’apprentissage par l’expérience que chacun peut faire de « aimer » dans toutes ses relations. Car le sens des mots n’est pas universel, et je dirais qu’à moins de les « aimer », les mots ne peuvent pas transmettre l’essentiel.

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Histoire d’une rencontre amuZante

Pour composer la suite de cette histoire d’une rencontre amuZante, rendeZ-vous à l’exposition d’art COlorieZ accueillie durant l’été par la maison Le Cart, centre de séjour du réseau Ethic étapes, située à Sommières dans le département du Gard, entre Camargue et Cévennes.

Spécialisé dans l’accueil de groupe, Le Cart abrite un ensemble d’infrastructures dédiées à l’organisation de séjours scolaires, sportifs, et culturels : une grande demeure du 18ème siècle, un parc de terrasses et jardins de deux hectares, une ambiance conviviale, un engagement dans une démarche éco-responsable.

Les COlorieZ sont en joie de contribuer à l’animation d’un tel lieu vivant d’accueil et aspirent à y rencontrer durant cette exposition tous les curieux de leur art de Vivre d’Intelligence et de Rêves TU OSES.

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Qui connaît la fleur ?

Supposons néanmoins que, animée par le bouillonnement des conversations sociales, je rédige et diffuse volontiers cette publication à propos de Pensive Flore. Supposons aussi que vous la lisiez jusqu’à sa dernière ligne. Vous auriez alors un aperçu de mon point de vue sur la fleur que je ne connais pas. Autrement dit, vous connaîtriez mon interprétation supposée des informations données au sujet de la fleur. Données par qui ? Ce n’est pas écrit précisément dans la publication.

Pour autant, publier un tel point de vue serait-il aidant pour connaître la fleur ?

Un point de vue unique à priori semble insuffisant. Mais peut-être que si quelques algorithmes savamment paramétrés cumulaient 2, 5, 10, 534, 26803 ou davantage encore de points de vue, les mots assemblés finiraient par construire une impression générale représentative de la fleur ?

Ou pas … !

Supposons pourtant de nouveau que de nombreuses personnes se prennent au jeu de qui s’exprimera le plus souvent, ou bien le plus fort, ou bien le plus renommé, ou bien encore le plus expert à propos de Pensive Flore. De lire ou d’entendre tous ces points de vue interprétant le peu d’informations tenues de je ne sais qui sur la fleur, une histoire collective de Pensive Flore s’imprimerait en nous. Au point que nous serions désormais capables de croire que nous connaissons la fleur. Au point que nous pourrions même enseigner son histoire à nos enfants, afin qu’ils sachent eux aussi qui est la fleur. Et bon courage aux nouveaux points de vue sur les informations données s’ils ne s’inscrivent pas dans cette histoire commune ! Car il est vite fait de passer des suppositions aux jugements…

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Universalité

¡Hola! Belle créature du soleil

Je te confie l’histoire d’un amour si pur qu’il transfigurera toutes les vicissitudes de ta vie terrestre. Chéris cet amour en ton cœur jusqu’à te rappeler éternellement sa lumière et sa chaleur. Un jour se lèvera alors où tu resplendiras d’une foi nouvelle, amoureusement libre de toutes tes histoires préliminaires.

Now, andiamo zusammen au tempo
Entrons joyeusement dans le grand mouvement de la danse cosmique ∞

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Révélation

Jusqu’au mois dernier, je ne me souviens pas avoir déjà été confrontée à cette question en guise de réponse à un message envoyé à quelqu’un. Pourtant, en restant avec cette question, je dirais avoir certainement déjà rencontré des situations où mon destinataire a fortement envisagé de me répondre ainsi à ce que je venais de lui dire ou de lui écrire. Mais il ne l’a pas fait. Pourquoi ? Ce serait à lui d’y répondre précisément. En l’absence d’une telle information, je ne peux que supposer qu’une sorte « d’éducation sociale » ou de « convention relationnelle » l’en a dissuadé, me laissant alors à chaque fois avec un sentiment d’incompréhension face aux réactions de remplacement que je suscitais sans même le savoir.

Pourtant, il s’agit bien là d’une question essentielle. Existentielle même lorsqu’on accepte de l’entendre littéralement jusqu’au plus profond de soi, c’est à dire au point où la seule réponse qui vient spontanément à l’esprit est :
– « Ben, je me prends pour moi ».

Mais comme la question n’est pas posée directement, cette réponse n’est pas donnée non plus.
Ni approfondie.
Qui est moi ?
Pour qui est-ce que je me prends exactement quand je suis moi dans cet instant où j’envoie ce message sans en attendre à priori de réponse particulière ?

Pour élucider le fin mot de cette histoire, je me suis rendue dans mon théâtre intérieur et j’ai interviewé différents personnages qui se sont présentés à moi spontanément, avec cette même question fondamentale :
« Pour qui tu te prends ? »

Et voici l’éventail des réponses que j’ai obtenues ce jour-là.

Et moi dans tout ça ? Comme je commence seulement à réaliser l’infini de toute ma diversité intérieure, le langage de ma propre réponse m’échappe encore.

Pour l’instant.

Autoportrait 2022
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